Décryptage
Résidences secondaires et logements vacants en Bretagne : la côte d’un côté, le centre de l’autre
13,1 % de résidences secondaires en Bretagne, mais 76,8 % à Arzon et 4,8 % à Rennes. Part par commune, évolution depuis 2012 et taux de logements vacants.

Sur 2 031 507 logements, la Bretagne en comptait 266 604 que l’Insee classe comme résidences secondaires ou logements occasionnels lors du recensement de 2023, soit 13,1 % du parc. Cette moyenne masque des écarts extrêmes : 76,8 % des logements d’Arzon, mais 4,8 % de ceux de Rennes. La vacance dessine une autre carte : plus forte dans des communes de l’intérieur, plus faible dans les stations du littoral.
Le Morbihan en tête, l’Ille-et-Vilaine en retrait
| Département | Résidences secondaires en 2023 | Part du parc en 2012 | Part du parc en 2023 | Évolution du nombre depuis 2012 |
|---|---|---|---|---|
| Morbihan | 86 160 | 18,1 % | 17,5 % | +8,4 % |
| Côtes-d’Armor | 61 468 | 15,7 % | 16,1 % | +11,4 % |
| Finistère | 76 271 | 13,1 % | 13,5 % | +12,5 % |
| Ille-et-Vilaine | 42 705 | 6,6 % | 7,2 % | +28,6 % |
| Bretagne | 266 604 | 13,0 % | 13,1 % | +13,1 % |
Résidences secondaires et logements occasionnels, recensements de 2012 et de 2023.
Le Morbihan compte 17,5 % de résidences secondaires, devant les Côtes-d’Armor (16,1 %), le Finistère (13,5 %) et l’Ille-et-Vilaine (7,2 %). En nombre, le Finistère (76 271) dépasse les Côtes-d’Armor (61 468) parce que son parc est plus vaste.
Depuis 2012, la part régionale n’a presque pas bougé : le nombre de résidences secondaires a augmenté de 30 960 (+13,1 %), à peu près au rythme de l’ensemble des logements (+11,9 %). C’est en Ille-et-Vilaine que la hausse est la plus rapide, de 33 218 à 42 705 résidences secondaires, mais à partir d’un niveau bas.
Plus de sept logements sur dix à Arzon, Damgan ou Carnac
| Commune | Département | Résidences secondaires | Logements | Part |
|---|---|---|---|---|
| Arzon | Morbihan | 5 039 | 6 563 | 76,8 % |
| Île-de-Bréhat | Côtes-d’Armor | 720 | 942 | 76,4 % |
| Damgan | Morbihan | 3 077 | 4 189 | 73,5 % |
| Île-aux-Moines | Morbihan | 918 | 1 272 | 72,2 % |
| Saint-Gildas-de-Rhuys | Morbihan | 2 854 | 3 987 | 71,6 % |
| Pénestin | Morbihan | 2 790 | 3 931 | 71,0 % |
| Carnac | Morbihan | 6 319 | 8 944 | 70,7 % |
| Île-Tudy | Finistère | 1 009 | 1 435 | 70,3 % |
| Quiberon | Morbihan | 5 974 | 9 034 | 66,1 % |
| La Trinité-sur-Mer | Morbihan | 1 871 | 2 837 | 65,9 % |
Part des résidences secondaires et logements occasionnels dans l’ensemble des logements, recensement de 2023.
Ce classement porte sur les 530 communes que nous suivons, dont les 437 de la région qui comptent au moins 2 000 habitants, et non sur les 1 202 communes bretonnes. Huit d’entre elles dépassent 70 % ; dans 27, les résidences secondaires sont plus nombreuses que les résidences principales. Le Morbihan en compte 14, les Côtes-d’Armor 9, le Finistère 2 et l’Ille-et-Vilaine 2.
À Arzon, sur 6 563 logements, 5 039 sont des résidences secondaires et 1 361 des résidences principales. Les logements vacants y sont rares : 164, soit 2,5 %.
En volume, Saint-Malo devant Sarzeau
Le classement change quand on compte les logements plutôt que les parts. Saint-Malo arrive en tête avec 10 358 résidences secondaires, soit 27,1 % de ses 38 206 logements. Viennent ensuite Sarzeau (6 619, 55,7 %), Rennes (6 588), Carnac (6 319), Quiberon (5 974) et Dinard (5 455, 44,3 %).
Rennes en compte un peu plus que Carnac, mais elles ne représentent que 4,8 % de ses 137 847 logements, contre 70,7 % à Carnac. Dans les autres grandes villes, la part reste faible : 3,2 % à Quimper, 3,8 % à Lorient, 4,0 % à Brest, 8,3 % à Vannes.
Au centre, la vacance
Une autre source, les logements vacants du parc privé (LOVAC), publiée par le ministère de la Transition écologique, donne la situation au 1er janvier 2025, rapportée au parc privé au 1er janvier 2024.
| Territoire | Logements vacants | Parc privé | Taux de vacance | Vacants depuis plus de 2 ans |
|---|---|---|---|---|
| Côtes-d’Armor | 34 507 | 367 304 | 9,4 % | 39,0 % |
| Finistère | 46 752 | 526 123 | 8,9 % | 37,3 % |
| Morbihan | 37 457 | 463 741 | 8,1 % | 36,7 % |
| Ille-et-Vilaine | 40 540 | 527 631 | 7,7 % | 31,0 % |
| Bretagne | 159 256 | 1 884 799 | 8,4 % | 35,9 % |
| France | 3 160 235 | 33 194 351 | 9,5 % | 37,3 % |
Logements vacants au 1er janvier 2025 ; dernière colonne : part des vacants dans cette situation depuis plus de deux ans.
Le taux breton (8,4 %) est inférieur à celui de la France (9,5 %). L’ordre des départements n’est pas celui des résidences secondaires : les Côtes-d’Armor et le Finistère sont en tête, le Morbihan passe au troisième rang et l’Ille-et-Vilaine reste dernière. Sur les 159 256 logements vacants de la région, 57 202 le sont depuis plus de deux ans.
Parmi les 467 communes qui comptent au moins 1 000 logements privés, les taux les plus élevés sont ceux de Ménéac (Morbihan, 19,8 %), Glomel et Guingamp (Côtes-d’Armor, 17,4 %), Callac (17,0 %), Saint-Nicolas-du-Pélem (16,8 %) et Guiscriff (Morbihan, 16,8 %). Treize communes dépassent 15 % : six dans les Côtes-d’Armor, cinq dans le Finistère, deux dans le Morbihan. On retrouve Callac et Rostrenen (14,9 %) parmi les communes aux loyers les plus bas de la région, et Callac, Rostrenen et Guiscriff parmi celles aux prix de vente des maisons les plus bas.
Les villes s’échelonnent de 7,1 % à Saint-Malo à 14,3 % à Morlaix : 8,4 % à Vannes, 8,6 % à Rennes, 9,5 % à Lorient, 10,3 % à Brest, 10,6 % à Quimper, 11,7 % à Saint-Brieuc. Là où les résidences secondaires dominent, la vacance est faible : 4,3 % à Saint-Gildas-de-Rhuys, 4,5 % à Arzon, 4,8 % à Damgan, 6,1 % à Carnac, 7,0 % à Quiberon.
Comment lire ces chiffres
- Les deux sources n’ont pas la même définition. Le recensement de l’Insee dénombre 134 798 logements vacants en Bretagne en 2023 (6,6 % des logements). LOVAC en compte 159 256 (8,4 %) dans le parc privé en 2025 : les dates et les parcs de référence diffèrent, les chiffres ne se comparent pas.
- La catégorie « résidences secondaires et logements occasionnels » de l’Insee regroupe les logements utilisés une partie de l’année pour les loisirs ou pour le travail. Elle ne dit rien de leur fréquence d’occupation.
- Dans une petite commune, quelques dizaines de logements suffisent à déplacer un taux de plusieurs points.
Le détail des logements vacants de chaque commune se trouve sur la page des logements vacants.
